la lettre du dden n° 192

SOMMAIRE
+ Paroles de ministre
+ Petits déjeuners : un dispositif qui n’a pas atteint ses objectifs
+ Un nouveau site pour l’ESPER
+ Covid-19 : écoles ouvertes… jusqu’à quand ?
+ La Commune qu’en savons-nous après 150 ans ?
+ CNAL : L’Education un rempart contre le racisme
+ Il y a urgence à éduquer contre le racisme
+ Laïcité à Mayotte

 

la lettre du DDEN 192

Le Délégué N° 266 Avril 2021

L’éducation antidote au racisme :

« Éduquer pour combattre le racisme et promouvoir la Laïcité et l’universalité des Droits de l’Homme. Le racisme peut être divers, bien voyant ou plus insidieux. Le racisme et la xénophobie se portent bien, alimentées par les préjugés ou la recherche de boucs émissaires. Depuis des années, les DDEN, dans l’exercice de leur f onction ou mission, et en tant que citoyens, s’engagent, au quotidien, pour que les discriminations reculent.

La lutte contre la persistance du racisme et de la xénophobie, sous toutes leurs formes, constitue un défi majeur pour nos sociétés, toute l’année, au-delà de la « journée mondiale de lutte contre le racisme » du 21 mars.  Les comportements racistes sont très anciens. Historiquement, les concepts de « races » « supérieures » ou « inférieures » se sont appuyés sur une présupposée différenciation biologique. Certains finissent par admettre que la théorie des « races » est un projet politique fabriqué. Les peuples n’existent que sur la notion d’« être humain ». Mais aujourd’hui, le racisme évolue toujours et met en avant les différences culturelles   plutôt que la supposée infériorité biologique. Ce racisme culturel est alimenté par des prétendues hiérarchies de cultures. Cultures, coutumes, traditions et histoires seraient inconciliables. Ces discriminations directes sont alimentées par une prétendue « incompatibilité » culturelle, religieuse que certains présentaient comme un choc de civilisations.

Des comportements qui alimentent la xénophobie

La discrimination peut être aussi indirecte. Ainsi, le déroulement des politiques d’immigration et d’asile peuvent, en alimentant les préjugés, en cherchant des boucs émissaires à nos problèmes économiques et sociaux, contribuer à exacerber les tentations xénophobes. La stigmatisation de la banlieue et des immigrés dans des discours relatifs à la délinquance, la composition de l’équipe de France de football, les amalgames, petites phrases, jugements négatifs portés par des responsables politiques sur des individus ou des groupes peuvent aussi contribuer de manière diffuse, à alimenter ce racisme. Ces amalgames doivent être également considérés comme des discriminations.

Le sport et le football, en particulier, sont des symboles de la diversité française et d’une nation enfin réconciliée avec son idéal républicain d’intégration. Reste à le rendre effectif dans d’autres domaines emploi, logement, loisirs….

Depuis des années, notre Fédération, seule ou dans le Collectif laïque national et le CNAL s’engage, dans la vie quotidienne, pour prévenir et combattre toutes ces formes d’exclusion, toute différence de traitement fondée notamment sur le sexe, sur une prétendue race, sur la couleur, sur l’ascendance, sur l’origine nationale ou ethnique, sur l’orientation sexuelle, sur la conviction religieuse ou philosophique, sur l’état de santé, sur un handicap…

L’égalité des citoyens contre les discriminations négatives ou positives

Cette lutte permanente contre les discriminations voit s’opposer deux modèles politiques d’intégration. D’un côté, une conception de l’État avec une reconnaissance juridique implicite des groupes ethniques, religieux faisant référence à des critères d’appartenance à une communauté en vue de l’attribution de droits, de ressources et d’obligations. Ce modèle de discrimination positive inspiré des pays anglo-saxons, aujourd’hui remis en cause en Grande Bretagne et dans plusieurs États des États-Unis, a émergé il y a près de quarante ans en France et propose de remettre en cause le principe d’égalité des citoyens. Cette conception communautariste fondée sur des appartenances préétablies et présupposées conforte aussi et alimente la revendication xénophobe de « préférence nationale ».

D’un autre côté, à l’opposé, une conception de l’intégration où l’État se veut constitutionnellement laïque et revendique l’égalité des citoyens et l’indivisibilité du corps politique en groupes d’appartenance religieux, ethnique, linguistique ou autres. Ce principe est celui que notre Fédération revendique. Réponse institutionnelle, le Défenseur des Droits, autorité administrative indépendante, a pour mission de traiter des cas de discriminations dont il est saisi ou dont il s’autosaisit. Il s’inscrit ainsi dans cette démarche pour assurer, dans le cadre des principes constitutionnels, la promotion de l’égalité des citoyens contre toutes les formes de discrimination. Continuons à prévenir et à agir contre les idées reçues, contre l’ignorance et la peur qui entretiennent les comportements de haine et de xénophobie. Ainsi, l’action de notre Fédération, en particulier, dans notre concours national « Se construire Citoyen », vise à éduquer et donner aux jeunes des arguments pour combattre le racisme et promouvoir la laïcité et l’universalité des Droits de l’Homme.

Paris, le 21 mars 2021 – Eddy Khaldi

  • Sommaire n° 266 • Avril 2021
    1 – Édito
    2 – Dossier : Le DDEN, un médiateur
    7 – Unions départementales
    13 – Les outils de travail du DDEN
    17 –  Unions départementales
    22 – Synthèse de l’enquête Covid-19
  • 26 – Lu pour Vous
  • 27- Pour Votre Documentation

 

Lettre du DDEN N° 190

SOMMAIRE :

* L’Union des DDEN des Bouches-du-Rhône se porte mieux !
* Un élu vannetais conteste l’appellation « université » de l’UCO (Université Catholique de l’Ouest)
* La médecine scolaire partagée mais débordée, au bord de la rupture
* Des « contrats locaux d’accompagnement » pour « renforcer la politique d’éducation prioritaire » 
* OUTRE MER : une mission éducative plus ardue qu’en métropole 
* L’Unesco et la Banque mondiale craignent un coup d’arrêt à l’effort de scolarisation et à l’aide à l’éducation 
* Inceste : des mesures pour renforcer la prévention
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La Lettre du DDEN N° 189

Lettre de la Fédération des DDEN du 15/02/2021.

SOMMAIRE ; 
+ Cantines scolaires des communes rurales : 50 M€ pour favoriser les circuits courts
+ Lettre du CNAL à la ministre des Universités
+ Loi sur le séparatisme : avis du CLN
+ Les enseignants en 2021 : s’engager, oui mais !….
+ Les mesures de lutte contre la pédocriminalité jugées « insuffisantes »
+ Les conventions de partenariat entre la fédération DDEN et les associations amies
+ 46 nouveaux territoires intègrent les Cités Educatives

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La laïcité

La laïcité, pour les DDEN, est une exigence et un objectif majeur pour que les citoyennes et citoyens en devenir accèdent à leur liberté de conscience. L’enjeu républicain de l’École c’est la République et réciproquement. L’enseignement public laïque, ouvert à tous est ainsi le but et le moyen de la République, le but car il permet à chacun de se construire citoyen et le moyen car seuls les citoyens peuvent faire vivre la République. L’école publique a aussi la mission de promouvoir une conscience collective dans la République laïque dans le respect de ses autres principes fondateurs. Elle est en ce sens génératrice du vivre ensemble pour forger l’unité nationale. Pas de République en tant que principe juridico- politique organisant la vie de la cité sans la laïcité qui enseigne les devoirs qui rapprochent les Hommes et non les dogmes qui les séparent. La laïcité appelle « la rencontre des convictions, en évitant l’affrontement des certitudes » : aucun projet, aucune réforme ne bâtiront l’école publique sans le respect de la laïcité et de son principe.

diapo La LAICITE

diapo Le livret

 

 

 

ÊTRE DDEN EST UN ACTE CIVIQUE

Nous sommes tous des bénévoles altruistes au service du bien-être de l’élève. Le DDEN est un « ami de l’École » investi pour toutes et tous, exigeant l’Égalité en Éducation et garant des valeurs républicaines qui ont fondé cette École publique : l’obligation, la gratuité et la laïcité. Nous revendiquons, encore et toujours ces principes.
Cependant notre renouvellement quadriennal 2021-2025 devient un enjeu fondamental dans un environnement scolaire actuel de plus en plus complexe et perturbé, de moins en moins collectif, de plus en plus individualisé au nom d’un prétendu « libre choix » qui marchandise l’École et installe les familles dans cette posture du consommateur qui conforte des dérives clérico-libérales.  Restons vigilants sur les objectifs conjoncturels que l’on assigne à l’École. Restons fidèles à nos engagements même si notre fonction para-administrative assise sur notre indépendance incontestée nous confère, de plus en plus, un rôle de médiateur. Ainsi notre Fédération a, encore plus, l’exigence de recruter des DDEN, retraités ou même actifs, enseignants ou non-enseignants pour préparer la relève et amplifier notre mission, dans le cadre de nos principes. Nous devons encore et toujours nous investir dans nos Écoles qui ont de plus en plus besoin de notre fonction de vigilance, de diplomatie et de respect des principes de Laïcité. Les communes ont, avec nous, le souci de la bonne marche de leurs Écoles. Expliquons, réexpliquons, à tous leurs élus notre fonction officielle méconnue et cependant inscrite dans le Code de l’Éducation. Seules les activités exclusivement pédagogiques sont dévolues aux Inspecteurs de l’Éducation nationale. Notre fonction para-administrative, reconnue comme un acte civique, pour le bien-être de l’élève, s’étend sur toute la vie de l’École, elle est exercée en toute neutralité religieuse, politique ou syndicale. Nous sommes à la charnière entre l’École, la commune et les parents d’élèves. Chaque DDEN, renouvelé ou non, chaque Délégation et chaque Union doivent, plus que jamais, s’investir pour le recrutement quadriennal de bénévoles engagés pour accompagner et promouvoir l’École de la République.
Dans les défis de demain, l’Éducation de la jeunesse et la formation des futurs citoyens restent, encore et toujours plus, un investissement civique essentiel pour l’avenir.
Formulons et mettons en œuvre, collectivement, ce vœu pour 2021-2025.
Eddy Khaldi
le 3 janvier 2021