La Lettre du DDEN N° 200 du 1er septembre 2021

+ Rentrée avec le nouveau protocole sanitaire
+Transport scolaire : note de rentrée de l’ANATEEP
+ Hausse de 20% des saisines de la médiatrice de l’EN en 2020
+Langues régionales : on ne change rien !
+ Transmettre la Laïcité dans l’Education par Eddy KHALDI
+ Décisions du Conseil Constitutionnel
+ Allocation de rentrée : pas pour les élèves de maternelle
+ « Grille Laïcité » Jeu test
+ 4 pages Visite Ecoles Marseille Le Délégué 264

la lettre du dden n° 200

La Lettre du DDEN N° 201 du 15 septembre 2021

Faire respecter la laïcité, pacte social de la liberté de conscience. Certains candidats envisagent de redonner leur propre « cohérence » à la laïcité sur fond de campagne électorale, pour en faire oublier le principe constitutionnel.
Les Églises, depuis toujours, ont la tentation de conquérir, voire de contourner insidieusement le dispositif législatif pour une reconnaissance institutionnelle, parfois exclusive. Parallèlement, les politiques essaient d’obtenir le suffrage moral des représentants des communautés religieuses pour asseoir une légitimité de plus en plus contestée par des électeurs de plus en plus indifférents au processus de démocratie citoyenne. Ce nombre de pratiquants des grandes religions décroit continûment alors qu’elles tendent, de plus en plus à jouer un rôle politique, institutionnel. Des responsables politiques ne recherchent-ils pas aussi ce soutien ?
Il ne s’agit pas de séparer les Églises de la société mais bien de séparer les Églises de l’État tel que le stipule l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905. Les institutions ne sont aussi ni contre ni avec telle ou telle religion, ni par ailleurs pour tel ou tel œcuménisme institutionnel de quelques cultes « reconnus ». Cette non-reconnaissance constitue la garantie du respect essentiel de l’égale liberté de conscience de toutes les citoyennes et citoyens croyants ou non. La neutralité de l’État et de toutes les institutions publiques devient strictement nécessaire pour assurer, y compris, la liberté de culte de chacune et chacun. On ne peut, dans une logique à géométrie variable, convoquer la laïcité pour telle religion historiquement établie et revendiquer la liberté religieuse pour telle autre religion émergente.
Dans notre domaine de l’éducation pour, en particulier, les sorties scolaires, peut-on faire prévaloir la liberté religieuse de l’accompagnant sur la liberté de conscience de l’accompagné ?
Une religion ne peut revendiquer la liberté religieuse de ses fidèles pour accompagner les activités du service public d’éducation. Encore aujourd’hui, l’École reste un lieu où la laïcité est contestée voire inappliquée. Faut-il ou non promouvoir, au bénéfice de tous les jeunes, une école respectueuse des consciences, celle qui à l’origine a pris une part essentielle à la mise en place de la République ? Ou au contraire, continuer, aux frais de la collectivité, d’entretenir des réseaux confessionnels et libéraux concurrents fondés sur l’alibi religieux en occultant la réalité de la discrimination sociale ? Les problèmes posés aujourd’hui par des religions émergentes doivent nous inciter au respect rigoureux du principe de non-reconnaissance de l’article 2 de la loi dite de « Séparation des Églises et de l’Etat ». La moindre entorse créée une brèche dans ce principe institutionnel de laïcité. Selon l’article premier de cette loi, l’assurance de la « liberté de conscience », de la première courte phrase précède « la garantie du libre exercice des cultes » de la seconde. Cette hiérarchie juridiquement explicite garantit les fondements juridiques de la laïcité. La non-reconnaissance institutionnelle des religions est la règle, l’État, pour respecter les finalités de l’article premier de la loi de 1905, doit rester neutre. Les croyances des citoyens sont légitimes avec comme seule limite de ne pas porter atteinte aux droits fondamentaux de la personne ni à ceux de l ‘ordre public et de la sécurité publique. Le contexte historique de la loi du 9 décembre 1905 montre à quel point celle-ci fut au meilleur sens du terme une loi de circonstance. Cependant elle constitue, aujourd’hui, une exigence nécessaire, pertinente, posant les principes de laïcité donc de liberté, d’égalité et de fraternité pour toutes et tous.
Ne remettons surtout pas en cause, en cette période préélectorale, cette loi de 1905 fondatrice du principe constitutionnel de laïcité.
Eddy KHALDI, le 15 septembre 2021

la lettre n°201 du dden

Comité interministériel sur la laïcité

Le Comité interministériel sur la laïcité a été créé par le décret n° 2021-716 du 4 juin 2021 et placé sous la présidence du Premier ministre. Il remplace l’observatoire de la laïcité, dont le mandat est échu depuis début avril 2021.

Il coordonne l’action du Gouvernement afin de s’assurer du respect et la promotion du principe de laïcité par l’ensemble des administrations publiques.

Le 1er Comité interministériel sur la laïcité s’est tenu le 15 juillet 2021 sous la présidence du Premier ministre.

Il trace une feuille de route pour les mois à venir qui comprend 17 engagements concrets dont :

  • un référent laïcité, chargé d’informer et d’accompagner les agents, sera nommé dans chaque administration d’État, territoriale et hospitalière, ainsi que dans les établissements publics dès le début de l’année 2022. Le réseau de ces référents sera animé par le ministère de la transformation et de la fonction publiques et le ministère de l’Intérieur ;
  • la charte de la laïcité dans les services publics, qui date de 2007, sera actualisée d’ici la fin de l’année ;
  • d’ici fin 2021, l’ensemble des écoles de service public dispenseront une formation obligatoire à la laïcité ;
  • mi-2022 au plus tard, chaque nouvel entrant dans la fonction publique devra suivre une formation à la laïcité et l’ensemble des agents publics devront avoir été formés d’ici 2025 ;
  • une formation à distance sur le principe de laïcité sera disponible début 2022 sur la plateforme interministérielle de formation Mentor, et accessible à tous les agents publics ;
  • un guide de la laïcité sera également finalisé d’ici la fin de l’année pour les agents publics.

Retrouvez toutes les informations dans le dossier de presse.

17 décisions pour la laicite

Lettre n°199 du 15/07/21

SOMMAIRE
+ Mouvement Ambition Education – Juin 2021
+ Evaluation mi-CP : maîtrise du français
+ Enquête « Climat, violences, citoyenneté dans les écoles primaires »
+ Elections des représentants des parents au conseil d’école
+ Des nouvelles de l’ANATEEP
+ Cours d’école : Paris innove et propose…
+ Cahier des charges des équipes mobiles d’appui médico-social à la scolarisation des enfants en situation de handicap.
+ Comment lutter contre les violences sexuelles intrafamiliales ?

 

 

Le climat scolaire

Climat – Violence – Citoyenneté / Victimation des directeurs dans les écoles primaires en 2021
Voilà plus d’un an que l’Ecole Primaire (Maternelle et Elémentaire) s’adapte régulièrement aux différents plans sanitaires mis en œuvre pour lutter contre la pandémie provoquée par la Covid19. Adaptations qui doivent tenir compte des particularités locales ainsi que des impacts de cette crise sur les acteurs, usagers et partenaires de l’Ecole.

De plusieurs sources ressortent des informations différentes si ce n’est parfois contradictoires sur trois domaines qui nous semblent être au cœur de la problématique de la réussite pour tous les élèves et de l’efficience de l’école.
Il s’agit de la qualité du climat scolaire, la fréquence et la nature des violences dans l’école, l’importance de la pratique scolaire et périscolaire des valeurs citoyennes et la reconnaissance de leur légitimité auprès des familles.
Face à cette situation et aux dangers que représentent le manque d’informations fiables et nationales sur ce sujet, la fédération des DDEN -avec le soutien de l’Accord-cadre CASDEN/MEN- consciente de ses responsabilités institutionnelles a souhaité faire le point sur ces différents éléments cruciaux pour l’avenir de notre Ecole.

A cette fin a été confié à Georges Fotinos, expert du sujet , auteur d’un des premiers rapports ministériels sur le sujet « violences à l’école » en tant que chargé d’Inspection Générale, diplômé de l’Institut des Hautes Etudes de Sécurité Intérieure, et auteur de plusieurs recherches sur la violence, le climat scolaire, le moral des Directeurs d’école (soutenues par le MEN, la CASDEN, la MGEN, la FAS , la MAIF) – le soin de mener une étude qui vise à établir :
– L’importance du phénomène des violences dans les écoles maternelles, élémentaires et primaires notamment celui des atteintes à la laïcité.
– La qualité des victimes (élèves, directeurs, enseignants) et des agresseurs (élèves, familles, intrus)
– Les politiques de prévention, sanctions, remédiation mises en œuvre sur le plan local et territorial
– Un tableau des pratiques des valeurs citoyennes et républicaines des acteurs et usagers de l’école
– Une approche de « l’état de santé » actuel de notre Ecole à travers la connaissance du climat scolaire dont les violences et la citoyenneté sont deux composantes majeures.


Pour info enquête lancée par la FDDEN concernant les violences à l’école.

Les violences à l’école

Le mot violence est lourd de sens car il renvoie à un ressenti personnel. La violence à l’École est une des formes les plus visibles, les plus ciblées. Ne doit-on pas parler des violences, plutôt que de la violence au sein de l’École ? Celles-ci recouvrent des réalités hétérogènes très diverses, insidieuses allant de l’incivilité, aux violences verbales, psychologiques ou à l’agression physique.

Le mélange entre délinquance et incivilité ajoute à la confusion. Il est difficile de trouver une définition commune et on ne peut donc additionner des éléments et des faits de nature fort différente. En effet, il existe peu de statistiques et l’absence d’indicateurs concernant les violences à l’École primaire. Notons une remarquable enquête réalisée en 2007-2008 par notre Fédération : « Pour un mieux vivre de l’enfant à l’école : constats et prévention de la violence, dépistage des maltraitances ». La démarche de la Fédération, par cette enquête, a été de dresser un état des lieux, d’établir un recensement, aussi objectif que possible, sans tomber dans un dénigrement systématique.

Aujourd’hui, l’École maternelle, elle-même, n’est pas à l’abri de cette problématique. On peut se demander si la violence est le fait d’enfants de plus en plus jeunes mais aussi de plus en plus violents ? Cependant, il faut replacer ces événements à leur juste proportion car l’ensemble des écoles n’est pas menacé par ce fléau. Mais aussi, la surmédiatisation conduit, parfois, à additionner des faits divers pour les ériger en un implacable fait de société. Cette fabrique de la peur peut inquiéter les parents avec des titres racoleurs : « La violence constitue aujourd’hui la première préoccupation des parents d’élèves »« La violence au cœur de la rentrée scolaire ». L’École devient un bouc émissaire facile où certains sont prompts à illustrer les marronniers les plus ressassés. L’enseignement public a décidément bon dos. Ouvert à tous, il lutte en première ligne contre les maux de notre temps, qu’il affronte sans aucun filtre ni intermédiaire. S’y reflètent ainsi, immanquablement toutes les carences et dérives, tous les problèmes de notre société : délinquance, chômage, violences… Pour autant, il n’est pas question d’occulter ni de réduire les problèmes bien réels qui agitent l’École. Pas question non plus de mettre à l’index les personnels qui se consacrent à cette tâche pour l’améliorer.

Problème de société où l’insécurité devient un problème public autour duquel existent des enjeux et des rapports de force politique là où il faudrait trouver des consensus pour des solutions communes afin que l’élève soit éduqué, en toute quiétude, dans un environnement non menaçant. Tout enfant a le droit de vivre à l’abri de la violence physique et psychologique. En vertu de la Convention des Nations Unies relative aux Droits de l’enfant, les États sont tenus de prendre toutes les mesures appropriées pour protéger les enfants contre la violence.

Dans le contexte particulier de la crise sanitaire que nous vivons, est-ce que ce fléau des violences s’est amplifié ? Ce sera l’objet de notre prochaine enquête : « Climat, violences et citoyenneté dans les Écoles en 2021 ». La réponse préventive à ces problèmes de violence se situe au sein même de l’École, lieu de socialisation pour y développer une culture de la citoyenneté.

C’est le sens de notre concours « Se construire Citoyen ». Ainsi, pour accompagner l’institution scolaire, les DDEN doivent y prendre leur place au regard de nos engagements pour les principes qui fondent le lien consubstantiel entre l’École et la République. Devant la montée des incivilités, il y a nécessité d’enseigner l’éducation civique et morale. La civilité est le savoir-vivre en commun car l’un ne peut exister sans l’autre. Le civisme est le respect des règles de l’École et des lois de la République par la prise de conscience de ses droits et ses devoirs par la citoyenne ou le citoyen en devenir.

Eddy Khaldi, le 22 avril 2021.